samedi 27 juin 2026

Justice pour le maréchal Bugeaud

A Lyon, la municipalité écologiste a décidé, sans la moindre concertation avec la mairie de l’arrondissement concerné, de débaptiser la rue Maréchal Bugeaud. Cédant ainsi aux demandes de plusieurs collectifs érigés en vengeurs du passé, la mairie de Lyon continue donc avec détermination la déconstruction de notre histoire.

Les épurateurs de l’histoire font trois grands reproches à la mémoire du maréchal Bugeaud :

1) Lors des émeutes parisiennes d’avril 1834, son nom fut associé au massacre de la rue Transnonain que la célèbre lithographie de Daumier fit entrer dans l’historiographie républicaine. Or, que s’est-il passé le 14 avril 1834, alors que des barricades bloquaient le centre de Paris ?
Le 13 avril Bugeaud qui commande les troupes reçoit d’Adolphe Thiers ministre de l’Intérieur l’ordre de déblayer ces barricades. Le 14 avril, le capitaine Rey du 35ᵉ régiment de Ligne est tué par un tir très probablement parti du 12 rue Transnonain. Dans le feu de l’action, à chaud, les soldats prennent l’immeuble d’assaut pour venger la mort de leur capitaine, faisant 12 morts dont des femmes et des enfants.
Bugeaud qui n’était pas sur place n’a pas donné l’ordre d’investir cet immeuble et, contrairement à la légende, il n’a jamais dit : « Massacrez les habitants du 12 rue Transnonain ». Les travaux récents d’historiens qui lui sont pourtant hostiles, montrent qu’il n’a pas ordonné le massacre et qu’il s’est agi d’une initiative locale de soldats, d’une « bavure » dans un contexte de panique et de représailles immédiates. (Maïté Bouyssy, Rue Transnonain, 14 avril 1834, un massacre à la française, 2024.)

2) Il est reproché à Bugeaud d’avoir participé à la répression des journées révolutionnaires de 1848, soit de la Révolution de février 1848 qui renversa la monarchie de Juillet, et de l’insurrection ouvrière de juin 1848 contre la Deuxième République.  La réalité est que, au mois de février 1848, face à la montée de la tension à Paris, Louis‑Philippe qui cherchait un commandant militaire à poigne fit appel à Bugeaud, mais, gagnée par le mouvement révolutionnaire, la Garde nationale parisienne refusa cette nomination. Le roi retira alors son commandement à Bugeaud lequel, avec le franc-parler qui le caractérisait lui déclara : « Sire, votre majesté est fichue ». Bugeaud n’était donc plus au commandement lors de l’insurrection du mois de juin 1848 qui fut réprimée par le général Cavaignac et non par lui.

3) Il est également reproché à Bugeaud des massacres commis en Algérie par ses subordonnés quand il était commandant en chef, notamment lors de trois « enfumades » clairement documentées (11 juin 1844 contre les Sbéhas ; 18 au 20 juin 1845 contre les Ouled Riah et août 1845 une deuxième fois les Sbéhas). Fuyant devant les troupes françaises, ces partisans d’Abd el-Kader s’étaient réfugiés dans des grottes avec des membres de leurs tribus. Donner l’assaut aurait provoqué des pertes énormes chez les soldats français, aussi, fut-il décidé d’enfumer les fuyards afin de les forcer à quitter leurs repaires. Ces enfumades furent alors justifiées par le fait que les centaines de morts, tant combattants que membres des tribus qu’elles provoquèrent chez l’ennemi permirent d’épargner la vie de centaines  de soldats français qui auraient été fauchés en cas d’assauts frontaux. Durant tout son temps de commandement, Bugeaud, le « père Bugeaud », qui était adulé de la troupe eut d’ailleurs le souci constant de la vie de ses hommes. Les justiciers du passé qui  refont l’histoire de la guerre depuis leurs douillets cabinets auraient sans doute préféré qu’au nom de cet ethno-masochisme qui fait préférer l’ « Autre » aux siens, Bugeaud fut avant l’heure un Nivelle qui fit tuer 30 000 de ses hommes, sans compter les  100 000 blessés et mutilés, dans d’inutiles assauts…

Le fond du débat revient donc une fois encore à la question de savoir s’il est légitime de juger l’histoire à la lumière d’une certaine morale actuelle, dans l’ignorance du contexte de la commission des faits reprochés et de la réalité des terribles lois de la guerre. En chevauchant les anachronismes, dans l’ignorance bétonnée de la situation du terrain en Algérie en 1844-1845, où  les combattants des tribus massacraient les prisonniers français qu’ils éventraient et émasculaient vivants - un aspect des choses sur lequel les vengeurs du passé sont silencieux -, les justiciers d’aujourd’hui s’arrogent le droit de réécrire l’histoire selon leurs vues de 2026 et de jeter l’opprobre sur l’illustre soldat qu’était Bugeaud.
 
Thomas Robert Bugeaud, marquis de la Piconnerie, duc d’Isly, maréchal de France (1784-1849) s’engagea en 1804 dans la Garde impériale. Il participa à la bataille d’Austerlitz et il gagna la plupart de ses grades durant les campagnes d’Espagne où il servit de 1808 à 1813. Rallié à l’Empereur durant les Cent Jours, il fut mis en demi-solde sous la Restauration. Retiré sur ses terres, en Dordogne, il reprit sa carrière sous la Monarchie de Juillet comme colonel du 56° régiment d’infanterie. Nommé général le 2 avril 1831, il se fit élire député de la Dordogne au mois de juillet de la même année. Le 27 janvier 1834, il tua dans un duel au pistolet le député Dulong qui l’avait traité de « geôlier » parce qu’il avait été chargé, en 1832, de surveiller la duchesse de Berry enfermée à Blaye.
 
La carrière algérienne de Bugeaud débuta au mois de juin 1836.

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jeudi 18 juin 2026

Promotion été 2026

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mardi 2 juin 2026

Comment Emmanuel Macron vient une nouvelle de réussir à se mettre à dos l’Afrique francophone

Soit Emmanuel Macron le fait exprès, soit il n’a décidément rien compris à l’Afrique. L’inauguration avec le président Kagamé mardi 2 juin 2026 d’un mémorial à Paris en hommage aux victimes du génocide des Tutsi en est une nouvelle illustration. En effet :

1) Le samedi 9 mai 2026, à Alexandrie, en Égypte, le président français déclara que :
« L’épicentre de la langue française est sur le bassin du fleuve Congo et pas sur les quais de la Seine, parce que c’est là qu’il y a le plus de locuteurs ».

2) Or, l‘inauguration de ce monument en compagnie du président Kagamé est ressentie par les dizaines de millions de « locuteurs » congolais comme une véritable provocation. Non pas parce qu’il y aurait contestation de ce génocide, mais en raison de la guerre d’agression contre le Congo (RDC) menée par le Rwanda depuis 1996. Un Rwanda qui occupe une partie de l’est du Congo (RDC) pour en piller les richesses à travers un conflit qui a fait au moins plusieurs centaines de milliers de morts civils, certaines sources avançant même le chiffre de plusieurs millions.

Ce qu’Emmanuel Macron ne comprend pas, c’est que, pour l’immense majorité des Africains de l’ouest et du centre, soit pour plusieurs centaines de millions d’hommes et de femmes, le Rwanda anglophone du président Kagamé avec ses douze millions d’habitants est vu comme un agresseur.
Sans parler qu’inaugurer un tel monument à Paris laisserait entendre que la France aurait une quelconque responsabilité dans ce génocide, ce qui est totalement faux comme cela a été démontré devant le TPIR (Tribunal international pour le Rwanda). Voir à ce sujet mon livre « Rwanda, un génocide en questions » 

lundi 1 juin 2026

L'Afrique Réelle N°198 - Juin 2026


Sommaire

Actualité
- L’Algérie manipule les jihadistes du Mali afin d’empêcher la création d’un « Etat » touareg
- Mali : l’échec français et l’échec russe s’expliquent par l’ignorance du réel ethnique
- Tchad : Tama contre Zaghawa
- En Algérie et en Afrique du Sud, l’histoire est moins une science qu’une thérapie des traumatismes du passé
Histoire
Le génocide des Herero serait-il la conséquence de la libération des Damara par les Allemands ?


Editorial de Bernard Lugan

Paris-Alger, plus qu’un an de relation sadomasochiste ?

Il ne reste plus qu’une année à Emmanuel Macron pour achever sa «_normalisation » des relations entre Paris et Alger, c’est-à-dire en ancrant dans le marbre l’acceptation définitive de la soumission française aux diktats algériens. Les prochaines échéances présidentielles pourraient en effet aboutir à une remise en cause fondamentale de la relation sadomasochiste existant entre le « Système » algérien et le « pays légal » français.

Les prétentions aussi exorbitantes que surréalistes du « Système » algérien s’inscrivent dans une stratégie de surenchère revendicatrice destinée à obtenir des excuses, puis des réparations « sonnantes et trébuchantes » de la part de la France. L’affaire des « restitutions » en est la dernière illustration.

Ni Georges Pompidou, ni Valéry Giscard d’Estaing, ni François Mitterrand, ni Jacques Chirac et ni Nicolas Sarkozy, n’auraient accepté de telles demandes. Mais tout a changé avec les déclarations irresponsables de François Hollande suivies de celles d’Emmanuel Macron au sujet de la colonisation. 

A partir de là, la France s’étant auto-humiliée, l’Algérie s’est donc trouvée en position de force pour exiger toujours plus d’elle. D’autant qu’acculé par la rue, sa survie étant même en jeu, le « Système » algérien est habile à détourner dans la haine de la France la marée de la contestation populaire qui menace de l’emporter. 
L’attitude des dirigeants français relève quant à elle d’un complexe ayant germé sur le terreau philosophique de 1789 avec la notion révolutionnaire de « table rase du passé_». En s’attaquant frontalement aux piliers de l’histoire de France, la gauche universaliste qui détruit la France depuis des décennies est le vecteur d’une lente décadence s’achevant aujourd’hui dans la haine de soi. 

Dans cette relation de type sadomasochiste, l’Algérie impose son histoire fabriquée à la victime consentante qu’est la France. Une France dont les « élites » acceptent cette histoire à laquelle tous font semblant de croire et qui fait peu de cas de la réalité du passé (voir à ce sujet mon livre Algérie l’histoire à l’endroit.

En Algérie, l’histoire officielle est ainsi bloquée sur les années 1954-1962 et sur le postulat de la lutte d’un peuple uni contre le colonisateur français dont la période est désormais juridiquement criminalisée. Dans cette thérapie nationale reposant sur l’addition de mythes et d’affirmations de nature idéologique, les historiens algériens sont d’abord des vengeurs de l’histoire, leur fonction étant d’affranchir le récit national du traumatisme existentiel originel qui est que l’Algérie est née de la volonté française au mois de juillet 1962.

Rien ne changera donc dans la relation entre la France et l’Algérie tant qu’il n’y aura pas changement de paradigme du côté de la victime masochiste qu’est la France. Or, ce changement de paradigme pourrait être rendu possible par les prochaines échéances électorales françaises.

jeudi 28 mai 2026

De l’évidente, nécessaire et impérative « urgence » de faire abroger par les députés le « Code Noir » pourtant caduc depuis 1848 !

Jeudi 28 mai 2026, rien n’étant à leurs yeux plus urgent, les députés français vont voter à l’unanimité l’abrogation symbolique de l’ensemble des édits esclavagistes - dont le Code noir -, pourtant formellement abrogés par deux fois. La première le 4 février 1794, lorsque la Convention nationale décréta l’abolition de l’esclavage dans les colonies. La seconde abolition est datée du 27 avril 1848 quand le gouvernement provisoire de la II République, mit définitivement fin à l’esclavage dans les colonies françaises.  Avec un sens des priorités égal à sa temporalité, les députés français vont donc voter l’abolition d’une disposition juridique caduque depuis 178 ans…

Les honorables représentants du Peuple français seront en revanche bien silencieux sur la réalité d’un autre esclavage. Ils ignorent en effet probablement que l’Abolition décidée unilatéralement par les Européens au XIXe siècle ne concerna pas la traite arabo-musulmane. Depuis la Libye, au nord, ou depuis Zanzibar, à l’est, des caravanes organisées militairement continuèrent ainsi à dévaster des régions entières de l’Afrique sud-saharienne. À la veille de la colonisation, au centre comme à l’est de l’Afrique, les réseaux esclavagistes musulmans étaient même en pleine extension. Jusqu’à ce que la colonisation les détruise.

On lira à ce propos mon livre « Esclavage, l’histoire àl’endroit »

Ce vote chronologiquement insolite ne renforcera pas le prestige de l’Assemblée. Cela n’est cependant pas une nouveauté. Le 23 novembre 1913, le maréchal Lyautey écrivait ainsi à Albert de Mun à propos des députés : 

« La horde des parlementaires abattus sur ce malheureux pays, encombrants, plastronnant, pérorant à tort et à travers, et si ignorants et si vulgaires (…) En temps normal, tous ces gens que je devais recevoir à ma table avec égards, auraient mangé à l’office (…). Et dire que c’est « ça » qui dispose de notre sort. Le spectacle me donne la nausée du Parlement et j’envie celui (qui ne sera pas moi-je suis trop vieux) qui aura la joie, la plus grande probablement qu’on puisse avoir sur cette terre, d’entrer au Palais-Bourbon avec 100 baïonnettes derrière lui et de jeter tout cela à la Seine ».

dimanche 24 mai 2026

Immigration : comment la France est devenue la « colonie de ses colonies »

Le samedi 9 mai 2026, à Alexandrie, en Égypte, Emmanuel Macron a déclaré que :

« L’épicentre de la langue française est sur le bassin du fleuve Congo et pas sur les quais de la Seine, parce que c’est là qu’il y a le plus de locuteurs ».

Cette singulière vision de l’identité française fait un tragique écho à ce que le général de Gaulle déclarait près de soixante-dix ans auparavant, en 1960 :

« C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France (…) La France c’est un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne ».

Ce que ne voulait par le général, c’était, et selon ses propres termes, que son village de Colombey-les-deux-Eglises, devienne un jour «  Colombey-les-deux-Mosquées !».

Or, depuis ces réflexions du général de Gaulle, l’immigration devenue « grand remplacement » a changé le visage de la France. Impuissants à la juguler, les dirigeants français qui voient s’ouvrir devant eux une situation de type balkanique se raccrochent désespérément à la vieille idée d’intégration-assimilation, celle de la gauche coloniale d’hier. Une utopie balayée il y a vingt ans, en 2006, par le démographe Jacques Dupâquier qui écrivait que :

« A partir du moment où, sur onze millions d’habitants d’Île-de-France deux millions sont de culture musulmane et que sur trois jeunes de 12 à 18 ans un est immigré ou d’origine immigrée, il ne faut pas s’imaginer que l’intégration se fera toute seule, bien gentiment ». (Entretien donné à la Nouvelle revue d’Histoire, n° 22, janvier 2006)

Plus encore, depuis 2006, la déferlante migratoire « légale » s’est encore accentuée. Elle connaît même un accroissement plus important que le croît naturel de la population française qui comptabilise déjà la natalité des immigrés installés et naturalisés. Et les chiffres ne tiennent pas compte des masses de clandestins par définition difficiles à comptabiliser…Ainsi, selon l’INSEE, les naturalisés originaires d’Afrique assurent à eux seuls 16% des naissances françaises.
 
Conclusion, la France est bien devenue « la colonie de ses colonies ». C’est pour comprendre comment une telle révolution de l’identité française s’est produite, que j’ai écrit un livre dont le titre est précisément « Comment la France est devenue la colonie de ses colonies ».

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mardi 19 mai 2026

samedi 9 mai 2026

A Sétif, Emmanuel Macron vient d’humilier une fois de plus la France

En envoyant Madame Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées et aux anciens combattants, déposer une gerbe de fleurs lors d’une cérémonie algérienne de mise en accusation de la France, Emmanuel macron a donc décidé une fois pour toutes de valider l’histoire officielle algérienne.
Dans cette repentance à sens unique qui n’en finit pas, Emmanuel Macron a en effet fait l’impasse sur les morts français pour s’aligner servilement sur
l’histoire officielle algérienne.
Or, ce qui s’est passé à Sétif et dans sa région au mois de mai 1945 est bien éloigné de la doxa (Voir mon livre « Algérie l’Histoire à l’endroit »)

La suite de cette analyse (86%) est réservée aux abonnés à l'Afrique Réelle.